
Une succession fait apparaître trois lignes très différentes sur la même facture : les droits de succession, les émoluments du notaire et des frais annexes appelés débours. Les confondre fait systématiquement surestimer ou sous-estimer ce que l’héritier va réellement payer. Cet article explique qui perçoit quoi, sur quelle base et dans quel ordre — sans avancer de barème chiffré, car les montants en vigueur doivent se lire au jour de la démarche chez le notaire ou sur impots.gouv.fr, seules sources qui font foi.
Le chiffre à distinguer avant tout calcul
« Frais de notaire » est une expression trompeuse quand elle désigne une succession : elle laisse croire que tout va au notaire. En réalité, trois flux distincts existent, avec trois destinataires différents.
Sur une facture de succession, seule la deuxième ligne rémunère le notaire. Les deux autres transitent par lui mais ne lui reviennent pas.
Le barème des droits de succession en ligne directe
Les droits de succession en ligne directe (entre un parent et son enfant) sont calculés par tranches progressives, appliquées à la part nette taxable de chaque héritier une fois l’abattement déduit. Plus la part transmise est élevée, plus le taux marginal appliqué à la tranche supérieure augmente. Ce barème est fixé par l’article 777 du Code général des impôts.
Cet article ne reproduit pas les seuils et les taux : ils doivent être vérifiés à la date de la démarche directement sur impots.gouv.fr ou auprès du notaire en charge du dossier, car un barème fiscal peut être modifié par une loi de finances.

Les abattements selon le lien de parenté
Avant d’appliquer le barème, un abattement est déduit de la part reçue par chaque héritier. Son montant dépend uniquement du lien de parenté avec le défunt, pas de la valeur du bien transmis :
Les montants exacts de ces abattements doivent, là encore, être relevés le jour de la démarche sur impots.gouv.fr ou dans le BOFiP (Bulletin officiel des finances publiques), car ils évoluent par la loi.
Ce que le notaire facture réellement : les émoluments
Les émoluments du notaire pour les actes liés à une succession suivent un barème dégressif : le taux appliqué diminue par tranche à mesure que la valeur de l’actif transmis augmente. Ce barème est fixé par arrêté au titre de l’article A444-91 du Code de commerce et s’applique en plus de la TVA. Sur la part de l’actif au-delà d’un certain seuil, le notaire peut, sans y être obligé, accorder une remise dans la limite d’un plafond fixé par la réglementation.
À lire aussiPrime d’activité : conditions d’éligibilité et calculLire le dossier ↗
Ce sont les seuls chiffres, sur cette page, qui rémunèrent effectivement le professionnel. Le taux exact par tranche et le plafond de remise doivent être vérifiés à la date de la signature, sur impots.gouv.fr ou directement auprès du notaire, qui est tenu de communiquer un devis détaillé.
Émoluments vs droits de succession : ce que paie réellement l’héritier
Le tableau ci-dessous sépare les deux lignes de la facture pour éviter toute confusion, sans avancer de montant : chaque colonne indique qui perçoit la somme, sur quelle base elle est calculée, et ce qui en fait varier le montant.
- Qui le perçoit
- État
- Base de calcul
- Part nette taxable après abattement
- Ce qui fait varier le montant
- Le barème progressif par tranche et la valeur de la part reçue
- Qui le perçoit
- Sans objet (déduction avant impôt)
- Base de calcul
- Lien de parenté avec le défunt
- Ce qui fait varier le montant
- Le degré de parenté (enfant, conjoint, frère/sœur, neveu/nièce, sans lien) et, pour certains liens, des conditions cumulatives
- Qui le perçoit
- Notaire
- Base de calcul
- Valeur de l’actif transmis, par tranche
- Ce qui fait varier le montant
- Le barème dégressif applicable, la TVA, et une remise possible au-delà d’un certain seuil
- Qui le perçoit
- Notaire (à sa discrétion)
- Base de calcul
- Part de l’actif au-delà d’un seuil réglementaire
- Ce qui fait varier le montant
- La décision du notaire, dans la limite d’un plafond fixé par la réglementation
Ce qui n’entre pas dans ce calcul
Une facture de succession comporte aussi des débours : frais que le notaire a avancés pour obtenir des copies d’actes, effectuer des formalités hypothécaires ou publier certains documents. Ces sommes ne sont pas une rémunération du notaire, elles lui sont remboursées à l’euro près. Leur montant dépend du dossier (nombre de biens, présence d’un bien immobilier, formalités nécessaires) : il n’existe pas de montant moyen fiable à indiquer ici, faute de source vérifiée sur ce point. Il doit être demandé au notaire dans le détail du devis.
InfographieÀ retenir en trois points
Trois flux distincts
Droits de succession vont à l'État, émoluments au notaire, débours sont simplement remboursés
Abattements selon parenté
Enfant/parent : abattement standard. Conjoint : exonération totale. Frère/sœur, neveu/nièce : moins. Tiers : minimal
Barème dégressif
Taux des émoluments du notaire diminue par tranche à mesure que valeur de l'actif transmis augmente
Cette page ne traite pas non plus le cas d’une succession internationale ou d’une donation-partage intervenue avant le décès : ces situations relèvent de règles spécifiques qui ne sont pas abordées ici.
Poursuivre la lecture
Et vous, qu’en pensez-vous à propos de succession : émoluments du notaire, le vrai calcul ?
Cet article vous a aidé ?
Une question sur ce dossier ?
Une situation particulière, une information à corriger ou à compléter : la rédaction lit tous les messages.
Écrire à la rédaction
Juliette Clément


